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	<title>Les Blogs de Québec-Politique.com</title>
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	<description>De la politique et du Québec</description>
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		<title>Des pays d&#8217;états et en particulier du Languedoc</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Apr 2009 00:50:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>tocqueville1</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alexis De Tocqueville]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[- Par Alexis de Tocqueville (1856) Mon intention n&#8217;est point de rechercher ici avec détail comment les choses se passaient dans chacun des pays d&#8217;états qui existaient encore à l&#8217;époque de la Révolution. Je veux seulement en indiquer le nombre, faire connaître ceux dans lesquels la vie locale était encore active, montrer dans quels rapports [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=110&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align:right;"><span style="font-family:Arial,Helvetica,sans-serif;color:#ff3300;font-size:x-small;"><strong><em><em> </em></em><em><em>- Par Alexis de Tocqueville </em></em> (1856)</strong></span></h2>
<p style="text-align:justify;">
<p style="text-align:center;"><img class="size-full wp-image-119 aligncenter" title="tocqalexis_jeune_1" src="http://qcpolitique.files.wordpress.com/2009/04/tocqalexis_jeune_1.jpg?w=450" alt="Portrait d'Alexis de Tocqueville"   /></p>
<p style="text-align:justify;">Mon intention n&#8217;est point de rechercher ici avec détail comment les choses se passaient dans chacun des pays d&#8217;états qui existaient encore à l&#8217;époque de la Révolution.</p>
<p style="text-align:justify;">Je veux seulement en indiquer le nombre, faire connaître ceux dans lesquels la vie locale était encore active, montrer dans quels rapports ils vivaient avec l&#8217;administration royale, de quel côté ils sortaient des règles communes que j&#8217;ai précédemment exposées, par où ils y rentraient, et enfin faire voir, par l&#8217;exemple de l&#8217;un d&#8217;entre eux, ce qu&#8217;ils auraient pu aisément devenir tous.</p>
<p style="text-align:justify;">Il avait existé des états dans la plupart des provinces de France, c&#8217;est-à-dire que chacune d&#8217;elles avait été administrée sous le gouvernement du roi par les <em>gens des trois états</em>, comme on le disait alors; ce qui doit s&#8217;entendre d&#8217;une assemblée composée de représentants du clergé, de la noblesse et de la bourgeoisie. Cette constitution provinciale, comme les autres institutions politiques du moyen âge, se retrouvait avec les mêmes traits dans presque toutes les parties civilisées de l&#8217;Europe, dans toutes celles du moins où les mœurs et les idées germaniques avaient pénétré. Il y a beaucoup de provinces d&#8217;Allemagne où les états ont subsisté jusqu&#8217;à la Révolution française; là où ils étaient détruits, ils n&#8217;avaient disparu que dans le cours des XVII ième et XVIII ième siècles. Partout, depuis deux siècles, les princes leur avaient fait une guerre tantôt sourde, tantôt ouverte, mais non interrompue. Nulle part ils n&#8217;avaient cherché à améliorer l&#8217;institution suivant les progrès du temps, mais seulement à la détruire ou à la déformer quand l&#8217;occasion s&#8217;en était offerte et qu&#8217;ils n&#8217;avaient pu faire pis.</p>
<p style="text-align:justify;">En France, en 1789, il ne se rencontrait plus d&#8217;états que dans cinq provinces d&#8217;une certain étendue et dans quelques petits districts insignifiants. La liberté provinciale n&#8217;existait plus à vrai dire que dans deux, la Bretagne et le Languedoc; partout ailleurs l&#8217;institution avait entièrement perdu sa virilité et n&#8217;était qu&#8217;une vaine apparence.</p>
<p>Je mettrai à part le Languedoc et j&#8217;en ferai ici l&#8217;objet d&#8217;un examen particulier.</p>
<p style="text-align:justify;">Le Languedoc était le plus vaste et le plus peuplé de tous les pays d&#8217;états; il contenait plus de deux mille communes, ou, comme on disait alors, de <em>communauté</em>, et comptait près de deux millions d&#8217;habitants. Il était, de plus, le mieux ordonné et le plus prospère de tous ces pays, comme le plus grand. Le Languedoc est donc bien choisi pour faire voir ce que pouvait être la liberté provinciale sous l&#8217;ancien régime, et à quel point, dans les contrées mêmes où elle paraissait la plus forte, on l&#8217;avait subordonnée au pouvoir royal.</p>
<p style="text-align:justify;">En Languedoc, les états ne pouvaient s&#8217;assembler que sur un ordre exprès du roi et après une lettre de convocation adressé par lui individuellement chaque année à tous les membres qui devaient les composer; ce qui fit dire à un frondeur du temps : « Des trois corps qui composent nos états, l&#8217;un, le clergé, est à la nomination du roi, puisque celui-ci nomme aux évêchés et aux bénéfices, et les deux autres sont censés y être, puisqu&#8217;un ordre de la cour peut empêcher tel membre qu&#8217;il lui plaît d&#8217;y assister sans que pour cela on ait besoin de l&#8217;exiler ou de lui faire son procès. Il suffit de ne point le convoquer. »</p>
<p style="text-align:justify;">Les états devaient non seulement se réunir, mais se séparer à certains jours indiqués par le roi. La durée ordinaire de leur session avait été fixée à quarante jours par un arrêt du conseil. Le roi était représenté dans l&#8217;assemblée par des commissaires qui y avaient toujours entrée quand ils le demandaient, et qui étaient chargés d&#8217;y exposer les volontés du gouvernement. Ils étaient, de plus, étroitement tenus en tutelle. Ils ne pouvaient prendre de résolution de quelque importance, arrêter une mesure financière quelconque, sans que leur délibération ne fût approuvée par un arrêt du conseil; pour un impôt, un emprunt, un procès, ils avaient besoin de la permission expresse du roi. Tous leurs règlements généraux, jusqu&#8217;à celui qui concernait la tenue de leurs séances, devaient être autorisés avant d&#8217;être mis en vigueur. L&#8217;ensemble de leurs recettes et de leurs dépenses, leur budget, comme on l&#8217;appellerait aujourd&#8217;hui, était soumis chaque année au même contrôle.</p>
<p style="text-align:justify;">Le pouvoir central exerçait d&#8217;ailleurs dans le Languedoc les mêmes droits politiques qui lui étaient reconnus partout ailleurs; les lois qu&#8217;il lui convenait de promulguer, les règlements généraux qu&#8217;il faisait sans cesse, les mesures générales qu&#8217;il prenait, étaient applicables là comme dans les pays d&#8217;élection. Il y exerçait de même toutes les fonctions naturelles du gouvernement; il y créait de temps en temps, comme partout, une multitude de nouveaux fonctionnaires dont la province avait été obligée de racheter chèrement les offices.</p>
<p style="text-align:justify;">Le Languedoc était gouverné, comme les autres provinces, par un intendant. Cet intendant y avait dans chaque district des subdélégués qui correspondaient avec les chefs des communautés et les dirigeaient. L&#8217;intendant y exerçait la tutelle administrative, absolument comme dans les pays d&#8217;élection. Le moindre village perdu dans les gorges des Cévennes ne pouvait faire la plus petite dépense sans y avoir été autorisé de Paris par un arrêt du conseil du roi. Cette partie de la justice qu&#8217;on nomme aujourd&#8217;hui le contentieux administratif n&#8217;y était pas moins étendue que dans le reste de la France, elle l&#8217;y était même plus. L&#8217;intendant décidait en premier ressort toutes les questions de voirie, il jugeait tous les procès en matière de chemins, et, en général, il prononçait sur toutes les affaires dans lesquelles le gouvernement était ou se croyait intéressé. Celui-ci n&#8217;y couvrait pas moins qu&#8217;ailleurs tous ses agents contre les poursuites indiscrètes des citoyens vexés par eux.</p>
<p style="text-align:justify;">Qu&#8217;avait donc le Languedoc de particulier qui le distinguât des autres provinces, et qui en fit pour celles-ci un sujet d&#8217;envie ? Trois choses qui suffisaient pour le rendre entièrement différent du reste de la France :</p>
<p style="text-align:justify;">1- Une assemblée composée d&#8217;hommes considérables, accréditée dans la population, respectée par le pouvoir royal, dont aucun fonctionnaire du gouvernement central, ou, suivant la langue d&#8217;alors, <em>aucun officier du roi</em> ne pouvait faire partie, et où l&#8217;on discutait chaque année librement et sérieusement les intérêts particuliers de la province. Il suffisait que l&#8217;administration royale se trouvât placée à côté de ce foyer de lumières pour qu&#8217;elle exerçât ses privilèges tout autrement, et qu&#8217;avec les mêmes agents et les mêmes instincts elle ne ressemblât point à ce qu&#8217;elle était partout ailleurs.</p>
<p style="text-align:justify;">2- Il y avait dans le Languedoc beaucoup de travaux publics qui étaient exécutés aux dépens du roi et par ses agents; il y en avait d&#8217;autres où le gouvernement central fournissait une portion des fonds et dont il dirigeait en grande partie l&#8217;exécution; mais le plus grand nombre étaient exécutés aux seul frais de la province. Une fois que le roi avait approuvé le dessein et autorisé la dépenses de ceux-là, ils étaient exécutés par des fonctionnaires que les états avaient choisi et sous l&#8217;inspection de commissaires pris dans leur sein.</p>
<p style="text-align:justify;">3- Enfin la province avait le droit de lever elle-même, et suivant la méthode qu&#8217;elle préférerait, une partie des impôts royaux et tous ceux qu&#8217;on leur permettait d&#8217;établir pour subvenir à ses propres besoins.</p>
<p style="text-align:justify;">Nous allons voir le parti que le Languedoc a su tirer de ces privilèges. Cela mérite la peine d&#8217;être regardé de près.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce qui frappe le plus dans les pays d&#8217;élection, c&#8217;est l&#8217;absence presque absolue de charges locales; les impôts généraux sont souvent oppressifs, mais la province ne dépense presque rien pour elle-même. Dans le Languedoc, au contraire, la somme que coûtent annuellement à la province les travaux publics est énorme : en 1780, elle dépassait 2 000 000 de livres chaque année.</p>
<p style="text-align:justify;">Le gouvernement central s&#8217;émeut parfois à la vue d&#8217;une si grande dépense; il craint que la province, épuisée par un tel effort, ne puisse acquitter la part d&#8217;impôts qui lui revenait à lui-même; il reproche aux états de ne point se modérer. J&#8217;ai lu un mémoire dans lequel l&#8217;assemblé répondait à ces critiques. Ce que je vais en extraire textuellement peindra mieux que tout ce que je pourrais dire l&#8217;esprit dont ce petit gouvernement était animé.</p>
<p style="text-align:justify;">On reconnaît dans ce mémoire qu&#8217;en effet la province a entrepris et continue d&#8217;immenses travaux; mais, loin de s&#8217;en excuser, on annonce que, si le roi ne s&#8217;y oppose pas, elle entrera de plus en plus dans cette voie. Elle a déjà amélioré ou redressé le cours des principales rivières qui traversent sont territoire, et s&#8217;occupe d&#8217;ajouter au canal de Languedoc, creusé sous Louis XIV et qui est insuffisant, des prolongements qui, à travers le bas Languedoc, doivent conduire, par Cette et Agde, jusqu&#8217;au Rhône. Elle a rendu praticable au commerce le port de Cette et l&#8217;entretient à grands frais. Toutes ces dépenses, fait-on remarquer, ont un caractère plus national que provincial; néanmoins, la province, qui en profite plus qu&#8217;aucune autre, s&#8217;en est chargée. Elle est également en train de dessécher et de rendre à l&#8217;agriculture les marais d&#8217;Aigues-Mortes. Mais c&#8217;est surtout des chemins qu&#8217;elle a voulu s&#8217;occuper : elle a ouvert ou mis en bon état tous ceux qui la traversent pour conduire dans le reste du royaume; ceux mêmes qui ne font communiquer entre elles que les villes et les bourgs de Languedoc ont été réparés. Tous ces différents chemins sont excellents, même en hiver, et font un parfait contraste, avec les chemins durs, raboteux et mal entretenus, qu&#8217;on trouve dans la plupart des provinces voisines, le Dauphiné, le Quercy, la généralité de Bordeaux (pays d&#8217;élection, est-il remarqué). Elle s&#8217;en rapporte sur ce point à l&#8217;opinion du commerce et des voyageurs; et elle n&#8217;a pas tort, car Arthur Young, parcourant les pays dix ans après, met sur ses notes : « Languedoc, pays d&#8217;états; bonnes routes, faites sans corvées. »</p>
<p style="text-align:justify;">Si le roi veut bien le permettre, continue le mémoire, les états n&#8217;en resteront pas là; ils entreprendront d&#8217;améliorer les chemins des communautés (chemins vicinaux), qui ne sont pas moins intéressant que les autres. « Car si les denrées, remarque-t-on, ne peuvent sortir des greniers du propriétaire pour aller au marché, qu&#8217;importe qu&#8217;elles puissent être transportées au loin ? » &#8211; « La doctrine des états en matière de travaux publics a toujours été, ajoute-t-on encore, que ce n&#8217;est pas à la grandeur des travaux, mais à leur utilité qu&#8217;on doit regarder. » Des rivières, des canaux, des chemins qui donnent à tous les produits du sol et de l&#8217;industrie de la valeur, en permettant de les transporter, en tous temps et à peu de frais, partout il en est besoin, et au moyen desquels le commerce peut percer toutes les parties de la province, enrichissent le pays quoi qu&#8217;ils lui coûtent. De plus, de pareils travaux entrepris à la fois avec mesure dans différentes parties du territoire, d&#8217;une façon à peu près égale, soutiennent partout le prix des salaires et viennent au secours des pauvres. « Le roi n&#8217;a pas besoin d&#8217;établir à ses frais dans le Languedoc des ateliers de charité, comme il l&#8217;a fait dans le reste de la France, dit en terminant la province avec quelque orgueil. Nous ne réclamons point cette faveur; les travaux d&#8217;utilité que nous entreprenons nous-mêmes chaque année en tiennent lieu, et donnent à tout le monde un travail productif. »</p>
<p style="text-align:justify;">Plus j&#8217;étudie les règlements généraux établis avec la permission du roi, mais d&#8217;ordinaire sans son initiative, pas les états de Languedoc, dans cette portion de l&#8217;administration publique qu&#8217;on leur laissait, plus j&#8217;admire la sagesse, l&#8217;équité et la douceur qui s&#8217;y montrent; plus les procédés du gouvernement local me semblent supérieurs à tout ce que je viens de vois dans les pays que le roi administrait seul.</p>
<p style="text-align:justify;">La province est divisée en <em>communautés</em> (ville ou village), en districts administratifs qui se nomment <em>diocèse</em> : enfin, en trois grands départements qui s&#8217;appellent <em>sénéchaussées </em>. Chacune de ces parties a une représentation distincte et un petit gouvernement à part, qui se meut sous la direction, soit des états, soit du roi. S&#8217;agit-il de travaux publics qui aient pour objet l&#8217;intérêt d&#8217;un de ces petits corps politiques : ce n&#8217;est que sur la demande de celui-ci qu&#8217;ils sont entrepris. Si le travail d&#8217;une communauté peut avoir de l&#8217;utilité pour le diocèse, celui-ci doit concourir dans une certaine mesure à la dépense. Si la sénéchaussée est intéressée, elle doit à son tour fournir un secours. Le diocèse, la sénéchaussée, la province doivent enfin venir en aide à la communauté, quand même il ne s&#8217;agit que de l&#8217;intérêt particulier de celle-ci, pourvu que le travail lui soit nécessaire et excède ses forces; car, disent sans cesse les états : « Le principe fondamental de notre constitution, c&#8217;est que toutes les parties du Languedoc sont entièrement solidaires les unes aux autres et doivent toutes successivement s&#8217;entraider. »</p>
<p style="text-align:justify;">Les travaux qu&#8217;exécute la province doivent être préparés de longue main et soumis d&#8217;abord à l&#8217;examen de tous les corps secondaires qui doivent y concourir; ils ne peuvent être exécutés qu&#8217;à prix d&#8217;argent : la corvée est inconnue. J&#8217;ai dit que dans les pays d&#8217;élection, les terrains pris aux propriétaires pour services publics étaient toujours mal ou tardivement payés, et que souvent ils ne l&#8217;étaient point. C&#8217;est une des grandes plaintes qu&#8217;élevèrent les assemblées provinciales lorsqu&#8217;on les réunit en 1787. J&#8217;en ai vu qyu faisaient remarquer qu&#8217;on leur avait même ôté la faculté d&#8217;acquitter les dettes contractées de cette manière, parce qu&#8217;on avait détruit ou dénaturé l&#8217;objet à acquérir avant qu&#8217;on l&#8217;estimât. En Languedoc, chaque parcelle de terrain prise au propriétaire doit être soigneusement évaluée avant le commencement des travaux <em>et payée dans la première année de l&#8217;exécution</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">Le règlement des états relatifs aux différents travaux publics, dont j&#8217;extrais ces détails, parut su bien fait au gouvernement central que, sans l&#8217;imiter, il l&#8217;admira. Le conseil du roi, après avoir autorisé sa mise en vigueur. Le fit reproduire à l&#8217;Imprimerie royale, et ordonna qu&#8217;on le transmît comme pièce à consulter à tous les intendants.</p>
<p style="text-align:justify;">Ce que j&#8217;ai dit des travaux publics est à plus forte raison applicable à cette autre portion, non moins importante, de l&#8217;administration provinciale qui se rapportait à la levée des taxes. C&#8217;est surtout qu&#8217;après avoir passé du royaume à la province on a peine à croire qu&#8217;on soit encore dans le même empire.</p>
<p style="text-align:justify;">J&#8217;ai eu occasion de dire ailleurs comment les procédés qu&#8217;on suivait en Languedoc, pour asseoir et percevoir les tailles, étaient en partie ceux que nous suivons nous-mêmes aujourd&#8217;hui pour la levée des impôts. Je n&#8217;y reviendrai pas ici; j&#8217;ajouterai seulement que la province goûtait si bien en cette matière la supériorité de ses méthodes que, toutes les fois que le roi créa de nouvelles taxes, les états n&#8217;hésitèrent jamais à acheter très cher le droit de les lever à leur manière et par leurs seuls agents.</p>
<p style="text-align:justify;">Malgré toutes les dépenses que j&#8217;ai successivement énumérées, les affaires du Languedoc étaient néanmoins en si bon ordre, et son crédit si bien établi que le gouvernement central y avait souvent recours et empruntait au nom de la province un argent qu&#8217;on ne lui aurait pas prêté à de si bonnes conditions à lui-même. Je trouve que le Languedoc a emprunté, sous sa propre garantie, mais pour le compte du roi, dans les derniers temps, 73 200 000 livres.</p>
<p style="text-align:justify;">Le gouvernement et ses ministres voyaient cependant d&#8217;un fort mauvais œil ces libertés particulières. Richelieu les mutila d&#8217;abord, puis les abolit. Le mou et fainéant Louis XIII, qui n&#8217;aimait rien, les détestait; il avait dans une telle horreur tous les privilèges de provinces, dit Boulainvilliers, que sa colère s&#8217;allumait rien que d&#8217;en entendre prononcer le nom. On ne sait jamais toute l&#8217;énergie qu&#8217;ont les âmes faibles pour haïr ce qui les oblige à faire un effort. Tout ce qui leur reste de virilité est employé là, et elles se montrent presque toujours fortes en cet endroit, fussent-elles débiles dans tous les autres. Le bonheur voulut que l&#8217;ancienne constitution du Languedoc fût rétablie durant l&#8217;enfance de Louis XIV. Celui-là, la regardant comme son ouvrage, la respecta. Louis XV en suspendit l&#8217;application pendant deux ans, mais ensuite il la laissa renaître.</p>
<p style="text-align:justify;">La création des offices municipaux lui fit courir des périls moins directs, mais non moins grands; cette détestable institution n&#8217;avait pas seulement pour effet de détruire la constitution des villes, elle tendait encore à dénaturer celle des provinces. Je ne sais si les députés du tiers état dans les assemblées provinciales avaient jamais été élus pour l&#8217;occasion, mais depuis longtemps ils ne l&#8217;étaient plus; les officiers municipaux des villes y étaient de droit les seuls représentants de la bourgeoisie et du peuple.</p>
<p style="text-align:justify;">Cette absence d&#8217;un mandat spécial et donné en vue des intérêts du moment se fit peu remarquer tant que les villes élurent elles-mêmes librement, par vote universel et le plus souvent pour un temps très court, leurs magistrats. Le maire, le consul ou le syndic représentait aussi fidèlement alors dans le sein des états les volontés de la population au nom de laquelle il parlait que s&#8217;il avait été choisi tout exprès par elle. On comprend qu&#8217;il n&#8217;en était pas de même de celui qui avait acquis par son argent le droit d&#8217;administrer ses concitoyens. Celui-ci ne représentait rien que lui-même, ou tout au plus les petits intérêts ou les petites passions de sa coterie. Cependant on maintint à ce magistrat adjudicataire de ses pouvoirs le droit qu&#8217;avaient possédé les magistrats élus. Cela changea sur-le-champ tout le caractère de l&#8217;institution. La noblesse et le clergé, au lieu d&#8217;avoir à côté d&#8217;eux et en face d&#8217;eux dans l&#8217;assemblée provinciale les représentants du peuple, n&#8217;y trouvèrent que quelques bourgeois isolés, timides et impuissants, et le tiers état devint de plus en plus subordonné dans le gouvernement au moment même où il devenait chaque jour plus riche et plus fort dans la société. Il n&#8217;en fut pas ainsi pour le Languedoc, la province ayant toujours pris soin de racheter au roi les offices à mesure que celui-ci les établissait. L&#8217;emprunt contracté par elle pour cet objet dans la seule année de 1773 s&#8217;éleva à plus de 4 millions de livres.</p>
<p style="text-align:justify;">D&#8217;autres causes plus puissantes avaient contribué à faire pénétrer l&#8217;esprit nouveau dans ces vieilles institutions et donnaient aux états du Languedoc une supériorité incontestée sur tous les autres.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans cette province, comme dans une grande partie du Midi, la taille était réelle et non personnelle, c&#8217;est-à-dire qu&#8217;elle se réglait sur la valeur de la propriété et non sur la condition du propriétaire. Il y avait, il est vrai, certaines terres qui jouissaient du privilège de ne point la payer. Ces terres avaient été autrefois celles de la noblesse; mais, par le progrès du temps et de l&#8217;industrie, il était arrivé qu&#8217;une partie de ces biens était tomber dans les mains des roturiers; d&#8217;une autre part, les nobles étaient devenus propriétaires de beaucoup de biens sujets à la taille. Le privilège transporté ainsi des personnes aux choses était plus absurde sans doute, mais il était bien moins senti, parce que, gênant encore, il n&#8217;humiliait plus. N&#8217;étant plus lié d&#8217;une manière indissoluble à l&#8217;idée de classe, ne créant pour aucune d&#8217;elles d&#8217;intérêts absolument étrangers ou contraires à ceux des autres, il ne s&#8217;opposait plus à ce que toutes s&#8217;occupassent ensemble du gouvernement. Plus que partout ailleurs, en Languedoc, elles s&#8217;y mêlaient en effet et s&#8217;y trouvait sur le pied de la plus parfaite égalité.</p>
<p style="text-align:justify;">En Bretagne, les gentilshommes avaient le droit de paraître tous, individuellement, aux états, ce qui souvent fit de ces derniers des espèces de diètes polonaises. En Languedoc, les nobles ne figuraient aux états que par représentants; vingt-trois d&#8217;entre eux y tenaient la place de tous les autres. Le clergé y paraissait dans la personne de vingt-trois évêques de la province, et, ce qu&#8217;on doit surtout remarquer. Les villes y avaient autant de voix que les deux premiers ordres.</p>
<p style="text-align:justify;">Comme l&#8217;assemblé était unique et qu&#8217;on n&#8217;y délibérait pas par ordre, mais par tête, le tiers état y acquit naturellement une grande importance; peu à peu il fit pénétrer son esprit particulier dans tout le corps. Bien plus, les trois magistrats qui, sous le nom de syndics généraux, étaient chargés, au nom des états, de la conduire ordinaire des affaires, étaient toujours des hommes de loi, c&#8217;est-à-dire des roturiers. La noblesse, assez forte pour maintenir son rang, ne l&#8217;était plus assez pour régner seule. De son côté, le clergé, quoique composé en grande partie de gentilshommes, y vécut en parfaite intelligence avec le tiers; il s&#8217;associa avec ardeur à la plupart de ses projets, travailla de concert avec lui à accroître la prospérité matérielle de tous les citoyens et à favoriser leur commerce et leur industrie, mettant ainsi souvent à son service sa grande connaissance des hommes et sa rare dextérité dans le maniement des affaires. C&#8217;était presque toujours un ecclésiastique qu&#8217;on choisissait pour aller débattre à Versailles, avec les ministres les questions litigieuses qui mettaient en conflit l&#8217;autorité royale et les états. On peut dire que, pendant tout le dernier siècle, le Languedoc a été administré par des bourgeois, que contrôlaient des nobles et qu&#8217;aidaient des évêques.</p>
<p style="text-align:justify;">Grâce à cette constitution particulière du Languedoc, l&#8217;esprit des temps nouveaux put pénétrer paisiblement dans cette vieille institution et y tout modifier sans y rien détruire.</p>
<p style="text-align:justify;">Il eût pu en être ainsi partout ailleurs. Une partie de la persévérance et de l&#8217;effort que les princes mis à abolir ou à déformer les états provinciaux aurait suffi pour les perfectionner de cette façon et pour les adapter tous aux nécessités de la civilisation moderne, si ces princes avaient jamais voulu autre chose que devenir et rester les maîtres.</p>
<p><a class="aligncenter" href="http://astore.amazon.ca/quebecpolitiq-20/detail/2070322998" target="_blank"><span style="font-family:Arial,Helvetica,sans-serif;color:#000066;font-size:xx-small;"><strong>Ce texte provient du livre : &#8220;L&#8217;Ancien Régime et la Révolution&#8221; aux éditions <em>Flammarion</em></strong></span></a></p>
<p><a href="http://astore.amazon.ca/quebecpolitiq-20/detail/2070322998"><img class="aligncenter size-full wp-image-121" title="tocqueville ancien régime" src="http://qcpolitique.files.wordpress.com/2009/04/tocquevilleancien.jpg?w=450" alt="tocqueville ancien régime"   /></a></p>
<p style="text-align:center;">
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	</item>
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		<title>Rapport sur les choses de la France</title>
		<link>http://qcpolitique.wordpress.com/2009/03/21/rapport-sur-les-choses-de-la-france/</link>
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		<pubDate>Sun, 22 Mar 2009 02:21:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Machiavel</dc:creator>
				<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Machiavel]]></category>
		<category><![CDATA[Textes classiques]]></category>
		<category><![CDATA[barons]]></category>
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		<category><![CDATA[renaissance]]></category>

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		<description><![CDATA[Texte de Machiavel datant de 1510 rapportant les choses politiques de la France.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=73&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:right;"><strong><em>- Par Nicolas Machiavel (1510)</em></strong></p>
<p style="text-align:left;"><img class="aligncenter size-medium wp-image-84" title="machiavelli" src="http://qcpolitique.files.wordpress.com/2009/03/machiavelli.jpg?w=122&#038;h=162" alt="machiavelli" width="122" height="162" /></p>
<p style="text-align:left;">
<p style="text-align:left;">
<p style="text-align:center;"><strong><span style="font-size:13.5pt;font-family:Arial;">I</span></strong></p>
<p style="text-align:left;"><strong></strong></p>
<p style="text-align:left;"><!--"''"--></p>
<p class="MsoNormal" style="text-align:left;">
<p style="text-align:justify;">Couronne et rois de France sont aujourd&#8217;hui plus gaillards, plus riche et plus puissant qu&#8217;ils ne le furent jamais pour les raisons ci-dessous.</p>
<p style="text-align:justify;">D’abord, la couronne  étant  héréditaire par droit du sang, s’est enrichie, car chaque fois qu’un roi meurt  sans enfant mâle ou sans aucun parent qui puisse lui succéder dans son  patrimoine, ses biens et propriétés sont réunis à la couronne. Bien des rois  s’étant trouvés dans ce cas, la couronne s’est ainsi enrichie d’un grand nombre  de domaines, tels que le duché d’Anjou ; c’est même ce qui va arriver sous le  roi actuel, qui faute d’enfant mâle, va laisser à la couronne les duchés  d’Orléans et de Milan : de la sorte les meilleures terres de France  n’appartiennent plus en particulier à des barons, mais au domaine  royal.</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a autre raison, très forte, de la grandeur du Roi : le  Royaume se trouvait autrefois partagé entre de puissants barons qui n’hésitaient  pas à s’engager dans des guerres contre leur suzerain, comme firent les ducs de  Guyenne et de Bourbon ; ils sont tous aujourd’hui parfaitement soumis à son  autorité qui s’en est trouvée renforcée.</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a une autre raison : aucun  des voisins de la France n’hésitait auparavant à attaquer le Royaume. Et ceci  parce qu’ils trouvaient toujours un duc de Bretagne, un duc de Guyenne ou bien  de Bourgogne ou bien de Flandre pour lui faire la courte échelle, lui en ouvrir  la porte ou lui offrir asile ; c’est ainsi que cela se passait lorsque les  Anglais guerroyaient avec la France et lui donnaient grand mal grâce à  l’entremise du duc de Bretagne ; et de même, le duc de Bourgogne par l’entremise  d’un duc de Bourbon. A cette heure, la Bretagne, la Guyenne, le Bourbonnais et  la plus grande partie de la Bourgogne étant parfaitement soumis à la France, non  seulement les souverains ennemis sont privés de ce moyen de troubler le Royaume,  mais ils trouvent devant eux ces barons pour ennemis ; et le Roi de son côté,  grâce à leurs provinces, se trouve plus puissant et ses ennemis plus  faibles.</p>
<p style="text-align:justify;">Il y a encore une autre raison : les barons les plus riches et  les plus puissants sont de sang royal et de même lignée, en sorte que les  héritiers les plus proches venant à manquer, la couronne peut leur échoir. Dès  lors chacun d’eux soutient le trône, dans l’espoir que lui-même ou l’un de ses  enfants pourra y monter un jour, et dans la crainte qu’en geste de rébellion ou  d’inimitié ne leur fasse du tort. Le Roi régnant a failli en faire l’épreuve  quand il fut fait prisonnier au cours de la guerre de Bretagne où il avait pris  parti pour le duc contre les Français : à la mort de Charles, on disputa fort si  sa rebellion et défection à la couronne ne lui avaient pas fait perdre ses  droits. Mais les richesses qu’il avait accumulées lui permirent de faire  largesse ; en outre, il se trouva que, à défaut de lui, le successeur le plus  proche, le duc d’Angoulême, n’était qu’un enfant encore : c’est à ces raisons,  et aussi à la faveur dont il jouissait, qu’il dut d’être tout de même  roi.</p>
<p style="text-align:justify;">La dernière raison est celle-ci : les fiefs des grands barons de  France ne se partagent pas entre leurs héritiers, ainsi qu’en Allemagne et en  plusieurs parties de l’Italie, mais ils échoient toujours aux aînés qui sont les  seuls héritiers ; les autres frères prennent patience, et secondés par leur aîné  se consacrent entièrement aux armes, et s’évertuent par ce métier à se mettre en  mesure de se tailler eux-mêmes un État et ils vivent dans cette espérance. Il  s’ensuit de là que les hommes d’armes français sont aujourd’hui les meilleurs  qui soient, car ils sont tous nobles et fils de grands seigneurs, en mesure de  parvenir à la même grandeur.</p>
<p style="text-align:justify;">L’infanterie qu’on lève en France ne peut  être excellente, car il y a longtemps qu’elle n’a pas fait la guerre : elle n’en  a donc aucune expérience. De plus, le reste de la population, roture et gens de  métier, est tellement asservie à la noblesse et bridée en toute chose qu’elle en  est avilie. Aussi le Roi ne se sert-il pas de ces fantassins en temps de guerre,  à part les Gascons, qui sont un peu meilleur que les autres : ceci vient de ce  qu’ils sont proches des Espagnols et tiennent un peu d’eux. Ils se sont pourtant  montrés, à ce qu’on a constaté depuis quelques années, meilleurs maîtres larrons  que maîtres guerriers. Forts bon soldats pour défendre ou assaillir les places,  ils sont moins bons en bataille rangée, à l’opposé des Allemands et des Suisses,  qui sont sans pareils sur les champ de bataille, mais de peu de valeur dans la  défense ou l’attaque de villes fortes : je crois que cela vient de ce qu’ils ne  peuvent pas y garder les formations auxquelles ils sont habitués sur le champ de  manœuvre. Aussi le Roi se sert-il toujours de Suisses ou de lansquenets, ses  chevaliers se méfiant des Gascons pour aborder l’ennemi. Si son infanterie avait  la même valeur que sa cavalerie, le Roi pourrait tenir tête à n’importe lequel  des autres souverains.</p>
<p style="text-align:center;"><strong><span style="font-size:13.5pt;font-family:Arial;"><!--"''"-->II</span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les Français sont par nature plus  impétueux au combat que résistants ou manœuvriers, et s’ils rencontrent un  adversaire qui puisse supporter la furie de leur premier choc, ils perdent leur  mordant et se découragent si bien qu’ils sont alors aussi lâches que femmes. Ils  endurent aussi fort mal les fatigues et le manque de confort, et à la longue ils  se relâchent de la discipline, de sorte qu’il est aisé, si on les surprend dans  ce désordre, de triompher d’eux. On en a vu maints exemples durant la guerre  dans le royaume de Naples, et récemment sur le Garigliano, où ils étaient  pourtant deux fois plus nombreux que les Espagnols et où l’on pensait qu’ils les  avaleraient d’une bouchée ; mais l’hiver survenant et les pluies faisant rage,  ils se débandèrent peu à peu et, l’un après l’autre, s’en furent chercher dans  les bourgades avoisinantes un logis plus confortable, laissant leur camp dégarni  et désorganisé, si bien que contre toute attente les Espagnols furent  vainqueurs. Il en eût été de même pour les Vénitiens, qui n’auraient pas perdu  la bataille d’Agnadel s’ils s’étaient contentés de harceler les Français durant  dix jours ; mais l’emportement de Bartolomeo d’Alviano rencontra un emportement  plus grand encore. De même à Ravenne, où les Espagnols, s’ils n’avaient pas  offert le combat aux Français, les auraient désorganisés par suite de la  fâcheuse distribution du ravitaillement ou même de son manque total, Venise  pouvant les couper de Ferrare et les Espagnols du côté de Bologne. Mais  l’étourderie du premier, l’imprudence des autres, valurent aux Français la  victoire, chèrement payée il est vrai. Et le carnage eût été encore plus grand,  si les forces principales des deux adversaires avaient été de la même espèce.  Mais l’armée française était forte de sa cavalerie, et l’espagnole de son  infanterie. Bref, que celui qui voudra triompher des Français se garde de leur  premier choc : s’il sait les amuser, pour les raisons que j’ai dites, il en  triomphera. C’est pourquoi Jules César a dit que les Français, au prime abord,  étaient plus que des hommes, mais pour finir, moins que des femmes.</p>
<p style="text-align:center;"><strong><span style="font-size:13.5pt;font-family:Arial;"><!--"''"-->III</span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">La France, grâce à son étendu et à  l’avantage de ses grandes rivières, est grasse et opulente, les denrées et la  main-d’œuvre y sont bon marché, sinon pour rien, à cause du peu d’argent qui  circule parmi le peuple : c’est à peine si les sujets peuvent amasser de quoi  payer leurs redevances à leur seigneur, si minces qu’elles soient.</p>
<p style="text-align:justify;">Cela  provient de ce qu’ils ne savent pas où écouler leurs produits, tout le monde en  ayant à revendre : on ne trouverait pas un coin où quelqu’un pût vendre un seul  muid de blé, chacun en ayant lui-même à vendre. Et les gentilshommes eux-mêmes,  en dehors de ce qu’ils déboursent pour se vêtir, ne dépensent rien, ayant à leur  gré chez eux, bétail en quantité, volaille à foison, lacs et autres lieux  regorgeant de gibier de toute sorte, et il en est ainsi pour tous et partout. De  sorte que l’argent afflue tout entier chez les seigneurs qui sont richissimes,  tandis que les gens du peuple croient l’être quand ils ont un florin.</p>
<p style="text-align:justify;">Les  prélats de France perçoivent deux cinquièmes des rentes et revenus de ce Royaume  qui contient force évêchés à la fois temporels et spirituel ; comme il sont  largement fournis de nourriture, tout ce qui parvient entre leurs mains de dîmes  en autre argent n’en ressort jamais, conformément à l’avarice connue des  religieux ; tout ce qui en parvient dans les chapitres et autres collèges  ecclésiastique est dépensé en objets d’argent, joyaux et autres richesses pour  l’ornement des églises ; de sorte qu’entre les richesses propres des églises et  les richesses particulières des prélats en monnaies et métaux précieux, le tout  forme un trésor incalculable.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans les conseils et délibérations de la  couronne et du Royaume, ce sont toujours les prélats qui interviennent en plus  grand nombre : les autres seigneurs s’en désintéressent car ils savent que c’est  eux qui exécuteront les décisions. De la sorte, tout le monde est content, les  uns d’ordonner, les autres d’exécuter ; à ces débats cependant interviennent  quelques hommes de guerre âgés, car quand il s’agit de débattre des questions de  guerre, ils peuvent ainsi informer les prélats qui n’en ont pas  l’expérience.</p>
<p style="text-align:justify;">En France, en vertu d’une certaine pragmatique obtenue il y  a longtemps de la papauté, les bénéfices sont conférés par les collèges français  ; les chanoines, à la mort de leur archevêque ou de leur évêque, se réunissent  pour attribuer le bénéfice vacant à celui d’entre eux qu’ils croient le mériter.  Ceci engendre de fréquentes dissensions, car il y a toujours des candidats qui  briguent à force d’argent, et d’autres par leurs vertus et leurs bonnes œuvres.  Les moines élisent pareillement leurs abbés. Les autres petits bénéfices sont  conférés par les évêques dans leur juridiction. Chaque fois que le Roi veut  déroger à cette pragmatique pour mettre une de ses créatures dans un évêché, il  faut qu’il emploie la manière forte pour triompher de la résistance ; mais les  ecclésiastiques ainsi forcés ont coutume, dès que le roi est mort, de déposséder  le prélat de sa charge pour la restituer à leur élu.</p>
<p style="text-align:center;"><strong><span style="font-size:13.5pt;font-family:Arial;"><!--"''"-->IV</span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les Français sont par nature friands  du bien d’autrui, et à la fois fort prodigues tant du leur que de celui des  autres. Un Français serait capable de voler avec le nez, pour se régaler d’un  objet volé, ou de le gâcher, ou d’en régaler celui à qui il l’a volé. A l’opposé  des Espagnols : vous ne verrez jamais rien de ce que ces gens-là vous ont  volé.</p>
<p style="text-align:justify;">La France craint fort les Anglais à cause des grandes incursions et  ravages qu’ils ont faits jadis dans le Royaume ; le seul nom d’Anglais est un  objet de terreur pour la population, que ne se rend pas compte que la France  d’aujourd’hui est dans une tout autre condition que celle d’autrefois, parce  qu’elle est armée, expérimentée et unie, et qu’elle possède les provinces dont  les Anglais faisaient leur tremplin, comme le duché de Bretagne et celui de  Bourgogne, alors que les Anglais tout à l’encontre n’ont plus de discipline, car  il y a si longtemps qu’ils n’ont pas fait la guerre que nul d’entre eux  aujourd’hui n’a jamais vu un ennemi en face ; en outre, à l’exception de  l’archiduc, nul étranger n’a jamais abordés leurs rivages. Elle aurait fort à  craindre des Espagnols, sagaces et vigilants comme ils le sont. Mais au cas où  leur roi voudrait attaquer la France, la chose lui serait très malaisée : de son  point de départ jusqu’aux débouchés des Pyrénées sur le Royaume, la route est si  longue et si stérile que ses troupes y parviendraient en piètre condition, entre  autres raisons à cause de son ravitaillement, la région qu’il laisserait  derrière lui est presque inhabitée tant elle est stérile, et les rares habitants  qu’elle a ont à peine de quoi vivre eux-mêmes. Voilà pourquoi les Français ont  peu de chose à craindre des Espagnols du côté des Pyrénées.</p>
<p style="text-align:justify;">Ils ne  craignent pas non plus les flamands ; cela vient de ce que les Flamands,  habitant un pays trop froid, n’y récolte pas de quoi vivre, surtout en blé et en  vin, denrées qu’il leur faut tirer de la Bourgogne, de la Picardie et d’autres  provinces de France. De plus, les populations flamandes vivent de manufactures,  et ce sont les grandes foire de France, Lyon et Paris, qui sont leur débouchés ;  ils ne peuvent en envisager ni du côté de la mer ni moins encore du côté de  l’Allemagne que en a et fabrique de la marchandise plus qu’eux. Aussi, faute de  débouchés commerciaux de la France, non seulement ils seraient privés de leur  ravitaillement alimentaire, mais ils perdraient encore les marchés de leur  travail. C’est pourquoi les Flamands, à moins qu’on ne les force, ne feront  jamais la guerre aux Français.</p>
<p style="text-align:justify;">La France a fort à craindre des Suisses, à  cause de leur proximité. Et de la soudaineté de leurs attaques, auxquelles leur  rapidité de mouvements ne permet pas de parer. Ces attaques sont plutôt des  incursions et des razzias que des invasions, car faute d’artillerie et de  cavalerie, et paralysés par les forteresses françaises bien garnies de la  frontière, ils ne peuvent s’avancer profondément. En outre, les troupes suisses  sont plus propres à la bataille rangée qu’au siège ou à la défense des villes ;  de leur côté, les Français n’aiment guère se mesurer avec eux : ils n’ont pas  d’infanterie qui puisse leur tenir tête, et leur cavalerie ne peut guère  l’emporter sans l’infanterie. La région elle-même est de telle nature que les  lances et les gens à cheval y manoeuvrent malaisément; les Suisses aussi  s’éloignent peu volontiers de leurs montagnes pour descendre dans la plaine  étrangère, en laissant derrière eux comme je l’ai dit des places fortes bien  défendues : ils redoutent avec raison qu’en cas d’échec ils ne se voient coupés  et de leur ravitaillement et de leur retraite.</p>
<p style="text-align:justify;">Les Français n’ont pas à  craindre du côté qui regarde l’Italie, grâce aux monts Apennins et aux  puissantes forteresses qui sont au pied de ces montagnes et qui arrêteraient un  temps quiconque voudrait attaquer le Royaume : l’agresseur ayant derrière lui  une région tellement stérile, il lui faudrait soit commettre la folie de laisser  derrière lui ces forteresses, soit les prendre par la famine ou par l’assaut.  Enfin il n’existe pas en Italie de prince assez puissant pour les attaquer,  l’Italie n’ayant pas l’unité qu’elle avait du temps des Romains. Telles sont les  raisons pour lesquelles ils ne craignent rien de ce côté-là.</p>
<p style="text-align:justify;">Le Royaume  de France ne craint rien non plus du côté du midi qui est tout en côtés, avec  des ports toujours pleins de nombreux bateaux appartenant au Roi ou à des  particuliers, qui protègent toute cette région contre une offensive inopinée ;  quant à une offensive préméditée, on a le temps d’y porter remède pour la raison  qu’il faut du temps aussi à celui qui entend la préparer, la mettre bien a  point, et c’est alors le secret de tout le monde. Les Roi entretient d’ailleurs  sur ces côtes de bonnes garnisons pour ne pas être pris au dépourvu.</p>
<p style="text-align:justify;">La  parfaite soumission de son peuple permet au Roi de dépenser fort peu pour ses  forteresses : il n’a pas à se garder de ses sujets ; quant à celles de ses  frontières qui exigeraient une forte dépense, il s’en trouve dispensé parce  qu’il y fait stationner ses gens d’armes ; quant à une attaque de grande  envergure, il a le temps d’y remédier pour la bonne raison qu’il faut à  l’agresseur le temps de la préparer et de la conduire.</p>
<p style="text-align:center;"><strong><span style="font-size:13.5pt;font-family:Arial;"><!--"''"-->V</span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les populations de la France sont  humbles et fort soumises, elles tiennent leur Roi en grande vénération. Elles  vivent à fort peu de frais, grâce à l’abondance des denrées, et aussi parce que  chacun a quelque petite propriété à lui. Elles s’habillent grossièrement,  d’étoffes à bon marché, sans faire jamais usage d’aucune espèce de soie, ni les  hommes ni les femmes pour ne pas se faire remarquer par les nobles.</p>
<p style="text-align:justify;">Les  évêchés du Royaume, d’après le relevé actuel, sont au nombre de cent six y  compris dix-huit archevêchés.</p>
<p style="text-align:justify;">Les paroisses sont au nombre de mille sept  cents y compris sept cent quarante abbayes, non compté les prieurés.</p>
<p style="text-align:justify;">Je  n’ai pu arriver à savoir les revenus ordinaires ni extraordinaires de la  couronne. J’ai questionné bien des gens et l’on m’a toujours répondu qu’ils sont  ce qu’il plaît au Roi. Certains toutefois m’ont dit qu’une partie de  l’ordinaire, à savoir celui qu’on appelle le <em>denier prêté</em> du Roi et qui  est le produit de gabelles telles que le pain, le vin, la viande et autres  denrées, est de un million sept cent mille écus ; le roi perçoit ses revenus  extraordinaires au moyen de tailles comme c’est son bon plaisir, tantôt lourdes,  tantôt légères. Si elles ne suffisent pas, il emprunte des écus qui sont  rarement rendus, ceux-ci sont requis par lettres royales ainsi conçues : « Le  Roi notre seigneur se recommande à vous et comme il a faute d’argent, il vous  prie de lui prêter la somme que contient la lettre. » Et la somme est payée  entre les mains du receveur de l’endroit, car il en est un dans chacun des  bourgs; il perçoit toutes les redevances, tant celles des gabelles que celles  des tailles et des emprunts.</p>
<p style="text-align:justify;">Les terres soumises à la couronne n’ont  d’autre loi commune que celle que le Roi leur impose ainsi pour faire rentrer  l’argent et payer les redevances susdites.</p>
<p style="text-align:justify;">L’autorité des barons sur  leurs vassaux est entière. Leur revenu consiste en pain, vin, viande, comme j’ai  dit ci-dessus, et à tant par foyer et par an, mais ce tant ne dépasse pas six à  huit sous par foyer par trimestres. Ils n’ont pas le droit de lever des tailles  ou des emprunts sans le consentement du Roi ; et celui-ci y consent  rarement.</p>
<p style="text-align:justify;">La couronne ne perçoit d’eux aucun autre avantage que le revenu  du sel ; elle ne leur impose jamais de tailles, si ce n’est dans les nécessités  extraordinaires.</p>
<p style="text-align:justify;">En ce qui concerne les dépenses extraordinaires, entre  autres la guerre, le Roi procède ainsi : il commande aux trésoriers de payer les  soldats, et ceux-ci les font régler par l’intermédiaire de leurs capitaines. Les  pensionnés et gentilshommes se font donner par les généraux (du trésor) la  décharge, c&#8217;est-à-dire la quittance de leur paye, de mois en mois, et, chaque  trimestre, ils s’en vont chez le receveur de la province qu’ils habitent, lequel  les règle aussitôt.</p>
<p style="text-align:justify;">Les gentilshommes du Roi sont au nombre de deux cents  et leur solde est de vingt écus par mois, payables <em>ut supra </em>; chaque  centaine a son chef qui d’ordinaire était Ravel et Vidames  <em>(sic)</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">Le chiffre des pensionnés n’est pas fixé, pas plus que  celui de leur pension, qui est petite ou grosse, au bon plaisir du Roi ; ils  vivent dans l’espoir de la voir augmentée, mais ceci non plus n’est pas  déterminé.</p>
<p style="text-align:justify;">La charge des (fermiers) généraux de France, qui perçoivent  tant par feu et par taille avec la permission du Roi, consiste à veiller à ce  que les dépenses, tant ordinaires qu’extraordinaires, soient réglées en temps  voulu, et au vu des décharges susdites.</p>
<p style="text-align:justify;">Celle des trésoriers est de tenir  l’argent en caisse et de régler sur l’ordre et la décharge des  généraux.</p>
<p style="text-align:justify;">Celle du Grand Chancelier est un pouvoir absolu : il peut  gracier et condamner à son gré, <em>etiam in capitalibus, sine consensu  regis.</em> Il peut faire reviser le cas de contumaces ; mais il lui faut  l’assentiment du Roi pour attribuer les bénéfices ; c’est le Roi qui fait grâce  par lettres royales scellées du grand sceau royal, mais c’est lui qui détient  ledit grand sceau. Son traitement est de dix mille francs par an, et en outre  deux mille pour tenir table. Tenir table consiste à donner dîner et à souper à  tout le train d’avocats et de gentilshommes qui suivent le Grand Chancelier,  chaque fois qu’il leur plaît de manger avec lui, ce qui est fort en  usage.</p>
<p style="text-align:justify;">La pension que le roi de France payait au roi d’Angleterre était  de cinquante mille francs par an, pour acquitter certaines dépenses faites par  le père du roi anglais actuel dans le duché de Bretagne ; elle est éteinte et on  ne la paye plus.</p>
<p style="text-align:justify;">Il n’y a actuellement en France qu’un seul grand  Sénéchal ; quand il y a plusieurs sénéchaux, &#8211; je ne parle pas de grands  sénéchaux, puisqu’il n’y en a qu’un – leur charge est de surveiller les gens  d’armes ordinaires et extraordinaires, qui leur doivent l’obéissance.</p>
<p style="text-align:justify;">Il  y a autant de gouverneurs de province qu’il plait au Roi d’en nommer et il les  paie comme il lui plaît ; il les nomme pour un an ou à vie, selon son bon  plaisir ; les autres gouverneurs, même ceux des plus petites villes, sont aussi  nommés par lui. Remarquez que toutes les charges du royaume sont données ou  vendues par le Roi, et par nul autre.</p>
<p style="text-align:justify;">On procède ainsi aux états : chaque  année, en août, ou en octobre, ou bien en janvier, à la volonté du Roi, les  généraux rapportent le montant des rentrées et des sorties d’argent, et l’on  détermine les rentrées d’après les sorties ; l’on augmente le chiffre des  pensions et des pensionnés, ou on le diminue, comme le Roi le  commande.</p>
<p style="text-align:justify;">Il n’y a pas de chiffre déterminé pour l’attribution des titres  de noblesse ou des pensions ; la Chambre des Comptes n’a pas à approuver, la  volonté du Roi suffit.</p>
<p style="text-align:justify;">Le rôle de la Chambre des Comptes est de revoir  les comptes de tous ceux qui administrent l’argent de la couronne, généraux,  trésoriers, receveurs.</p>
<p style="text-align:justify;">L’Université de Paris subsiste avec les rentrées  des fondations de collèges, mais elle en vit maigrement.</p>
<p style="text-align:justify;">Les Parlements  sont au nombre de cinq : Paris, Rouen, Toulouse, Bordeaux et Dauphiné ; on ne  peut en appeler d’aucun d’eux.</p>
<p style="text-align:justify;">Les premières Universités sont quatre :  Paris, Orléans, Bourges et Poitiers ; ensuite viennent Tours et Angers, mais  elles valent peu.</p>
<p style="text-align:justify;">Les garnisons sont stationnées où veut le Roi, et, tant  artillerie que soldats, aussi nombreuses qu’il lui plaît. Néanmoins toutes les  places ont quelques pièces d’artillerie avec leurs munitions ; et depuis deux  ans on en fait un grand nombre en bien des lieux du royaume au frais des villes  où on les a faites, en augmentant la taille d’un denier par bête ou par mesure.  Ordinairement, lorsque le Roi n’a rien à craindre de personne, il y a quatre  garnisons, à savoir en Guyenne, en Picardie, en Bourgogne et en Provence ; on  les déplace et on les renforce tantôt ici et tantôt là, selon les  méfiances.</p>
<p style="text-align:justify;">J’ai fait diligence pour savoir ce que le Roi peut dépenser  par an tant pour sa personne que pour sa maison, et j’ai su qu’il peut dépenser  autant qu’il en demande.</p>
<p style="text-align:justify;">Les Archers destinés à la garde du Roi sont au  nombre de quatre cents, dont cent Écossais; ils touchent chacun trois cents  francs par an et une saie aux couleurs du Roi. Les gardes du corps, ceux qui  sont toujours auprès du Roi, sont vingt-quatre, et touchent chacun quatre cents  francs par an. Leur capitaine est Monseigneur <em>Dubegni Cursores</em> et le  capitaine <em>Gabriello</em>.</p>
<p style="text-align:justify;">La garde à pied est faite d’Allemands; cent  d’entre eux touchent douze francs par mois; on en a eu jusqu&#8217;à trois cents, qui  touchaient chacun dix francs, ainsi que deux uniformes par an, un d’été, l’autre  d’hiver, pourpoint et chausses à la livrée du Roi; ceux des cents-gardes avaient  pourpoint de soie au temps de Charles.</p>
<p style="text-align:justify;">Fourriers sont gens préposés au  logement de la cour; ils sont trente-deux, ont trois cents francs l’an et une  saie aux couleurs du Roi. Ils ont quatre Maréchaux, qui touchent chacun six  cents francs. Ils se répartissent ainsi le logement : un quart d’entre eux  demeure, avec un Maréchal ou, s’il est absent, avec son lieutenant, dans le lieu  que vient de quitter la cour, afin de donner leur dû aux logeurs; un quart  accompagne la personne du Roi, tandis qu’un autre le devance au lieu où il doit  arriver ce jour-là; le dernier quart se rend sur les lieux où on logera le  lendemain. Tout cela dans un ordre admirable, et chacun dès l’arrivé trouve son  logis, jusqu’aux courtisanes.</p>
<p style="text-align:justify;">Le Prévôt de l’hôtel est un personnage qui  suit partout le Roi; sa charge est un vraie puissance : partout où se rend la  cour, son tribunal fait loi, et les gens du lieu peuvent porter plainte auprès  de lui, comme auprès de son propre lieutenant. Ceux qui sont conduits devant lui  pour affaires criminelles ne peuvent en appeler au parlement. Son traitement est  généralement de six mille francs. Il a avec lui deux juges pour les affaires  civiles, payés six cents francs l’an par le Roi, et un lieutenant criminel à la  tête de trente archers payés comme ceux de la garde. Il connaît les affaires  civiles aussi bien que les criminelles et une seule confrontation du plaignant  avec l’accusé suffit à dépêcher la cause.</p>
<p style="text-align:justify;">Les maîtres d’hôtel du Roi sont  au nombre de huit, sans salaire bien déterminé, les uns ayant mille francs, les  autres moins, comme il plaît au Roi. Le grand maître qui a succédé à monseigneur  de Chaumont est monseigneur de la Palisse, dont le père exerça aussi cette  charge : il touche deux mille francs et il a le pas sur les autres maîtres  d’hôtel.</p>
<p style="text-align:justify;">Le grand amiral de France commende toute la marine et tous les  ports du Royaume. Il peut disposer à son gré des vaisseaux de la flotte. C’est  actuellement Prégent (de Bridoux), au traitement de dix mille francs par  an.</p>
<p style="text-align:justify;">Le nombre des chevaliers de l’ordre du Roi n’est pas fixe, le Roi en  crée autant qu’il veut. A leur réception, ils s’engagent par serment à défendre  la couronne, à ne jamais porter les armes contre elle, et ne peuvent de leur  vivant être dépossédés de leur titre. Certains ont quatre mille francs de  pension, d’autres moins, et cet honneur n’est pas conféré au premier  venu.</p>
<p style="text-align:justify;">La charge des Chambellans consiste à faire la conversation avec le  Roi, à accéder à sa chambre, et à le conseiller; ils passent pour les premiers  personnages du Royaume. Ils ont une pension élevée, six, huit, dix, onze mille  francs ou rien du tout parfois, le Roi donnant souvent ce titre à ceux qu’il  veut honorer, et même à des étrangers. Mais ils ont le privilège de na pas payer  de gabelles, et ils sont nourris à la cour à la table des Chambellans, qui est  la première après celle du Roi.</p>
<p style="text-align:justify;">Le grand écuyer ne quitte pas la  personne du Roi. Sa charge le met à la tête des douze écuyers royaux, comme le  grand sénéchal, le grand maréchal et le grand maître d’hôtel sont à la tête de  leurs gens; il s’occupe de chevaux de Sa Majesté, de la mettre en selle, de  l’aider à en descendre, il veille à tout le harnois et porte son épée devant  lui.</p>
<p style="text-align:justify;">Les membres du Conseil royal ont tous une pension qui va, selon que  veut le Roi, de six à huit mille francs; ce sont monseigneur de Paris,  monseigneur de Beauvais, le bailli d’Amiens, monseigneur de Bucy et le grand  chancelier; en réalité, ce sont Robertet et monseigneur de Paris qui gouvernent  tout.</p>
<p style="text-align:justify;">Depuis la mort du cardinal de Rouen, on ne tient plus table ouverte  pour personne. Le grand chancelier n’ayant pas été remplacé, c’est (monseigneur  de) Paris qui remplit sa charge.</p>
<p style="text-align:center;"><strong><span style="font-size:13.5pt;font-family:Arial;"><!--"''"-->VI</span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">Les droits que le Roi de France  allègue sur le duché de Milan remontent à son aïeul, qui épousa une fille du duc  (Visconti), qui mourut sans enfants mâles. Le duc Jean-Galéas eut deux filles et  je ne sais combien de garçons. L’une de ses filles, du nom de Valentine, fut  mariée au duc Ludovic <em>(sic)</em> d’Orléans, aïeul de ce Roi Louis, de la ligné  de Pépin. A la mort de Jean-Galéas, son frère Philippe (Marie) lui succéda et  mourut à son tour sans héritiers légitimes, mais laissant une bâtarde. Son trône  fut ensuite usurpé par les Sforza, sans nuls droits, a-t-on dit : en effet, les  prétendants assurent que le duché doit retourner aux descendant de Madame  Valentine. Et depuis le jour où les Orléans se sont alliés aux Visconti, ils ont  joint aux trois lis de leur blason une couleuvre qu’on peut y voir encore.</p>
<p style="text-align:justify;">Dans chaque paroisse de France, il y a un homme bien payé par la  commune, qu’on nomme le <em>franc archer</em> ; il est tenu d’avoir un cheval en  bon état, et tout l’armement nécessaire pour répondre à une réquisition du Roi,  si ce dernier doit faire la guerre au-dehors ou autrement. Ils sont tenus de se  transporter dans la province attaquées ou menacée. Vu le chiffre des paroisses,  ces francs archers doivent être mille sept cent.</p>
<p style="text-align:justify;">Les fourriers sont tenus  de fournir logis à tous ceux qui suivent la cour et les seigneurs sont  ordinairement hébergés chez les plus notables de l’endroit. Pour éviter toute  plainte tant du courtisan que de son hôte, la cour a fixé les obligations de  chacun, et elles sont respectées : l’un doit donner un sou par jour, pour la  chambre ; l’autre doit fournir lit et couchette, et changer au moins tout les  huit jours; le premier donne aussi deux sous par jour pour <em>les linges</em>, à  savoir nappes, serviettes de table, vinaigre, verjus; l’hôte n’est tenu de  changer ces <em>lingi</em> que deux fois la semaine; mais comme il y en a  abondance dans ce pays, on les change autant que vous le demandez. La chambre  doit en outre être nettoyée, balayée et le lit refait. Il faut donner deux  deniers par jour par cheval à l’écurie, l’hôte n’ayant rien à fournir comme  fourrage, mais à débarrasser l’écurie du fumier. Il en est beaucoup qui payent  moins, en vertu de leur bonne nature ou de celle de leur hôte, mais telle est la  taxe ordinaire de la cour.</p>
<p style="text-align:justify;">Les droits qu’allèguent les Anglais sur le  Royaume sont de plus fraîche date : Charles, sixième du nom, donna en mariage sa  fille légitime et naturelle à Henri, fils légitime et naturel du roi  d’Angleterre; dans le contrat, outre la dot convenue, et sans faire mention de  Charles VII qui fut depuis roi de France, il institua héritier du trône de  France après sa mort à lui Charles VI, Henri son gendre, époux de Catherine; et,  dans les cas où Henri mourrait avant son beau-père, et laisserait des enfants  mâles légitimes et naturels, ceux-ci devaient lui succéder. A l’encontre de quoi  les Anglais disent que ledit Charles VII était le fruit d’un concubinage  incestueux.</p>
<p style="text-align:left;">Il y a deux archevêchés d’Angleterre, vingt-deux évêchés,  cinquante-deux mille paroisses.</p>
<p style="text-align:left;">
<p style="text-align:center;"><a href="http://astore.amazon.ca/quebecpolitiq-20/detail/2070344835" target="_blank"><span style="font-family:Arial,Helvetica,sans-serif;color:#000066;font-size:xx-small;"><strong>Ce texte provient du livre : &#8220;Le Prince et autres textes&#8221; aux éditions <em>Gallimard</em></strong></span></a></p>
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<p style="text-align:left;"><span style="font-family:Arial,Helvetica,sans-serif;color:#000066;font-size:xx-small;"><strong><a href="http://astore.amazon.ca/quebecpolitiq-20/detail/2070344835" target="_blank"><em></em></a><a href="http://astore.amazon.ca/quebecpolitiq-20/detail/2070344835"><img class="aligncenter size-full wp-image-96" title="machprince" src="http://qcpolitique.files.wordpress.com/2009/03/machprince.jpg?w=450" alt="machprince"   /></a><br />
</strong></span></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/qcpolitique.wordpress.com/73/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/qcpolitique.wordpress.com/73/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/qcpolitique.wordpress.com/73/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/qcpolitique.wordpress.com/73/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/qcpolitique.wordpress.com/73/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/qcpolitique.wordpress.com/73/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/qcpolitique.wordpress.com/73/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/qcpolitique.wordpress.com/73/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/qcpolitique.wordpress.com/73/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/qcpolitique.wordpress.com/73/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/qcpolitique.wordpress.com/73/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/qcpolitique.wordpress.com/73/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/qcpolitique.wordpress.com/73/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/qcpolitique.wordpress.com/73/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=73&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Lectures de dem@in au Salon du livre de Paris, un exemple à suivre au Québec</title>
		<link>http://qcpolitique.wordpress.com/2009/02/24/lectures-de-demin-au-salon-du-livre-de-paris-un-exemple-a-suivre-au-quebec/</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Feb 2009 15:28:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>saguay</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Serge-André Guay]]></category>
		<category><![CDATA[Lectures de dem@ain]]></category>
		<category><![CDATA[Salon du livre de Montréa]]></category>
		<category><![CDATA[Salon du livre de Paris]]></category>

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		<description><![CDATA[La Fondation littéraire Fleur de Lys est d’avis que la direction du Salon du livre de Montréal n’en a que pour le monde traditionnel du livre et qu’elle ne dispose pas de l’espace nécessaire pour s’agrandir et s’ouvrir aux lectures de demain. Dans ce contexte, la Fondation littéraire Fleur de Lys souhaite qu’un autre salon du livre voie le jour à Montréal, un salon entièrement dédié aux lectures de demain.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=60&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;">Le Salon du livre de Paris 2009  							ouvrira ses portes dans un peu moins de deux  							semaines. La programmation révélée la semaine  							dernière nous apprend que la direction du plus  							important salon du livre francophone dans le monde  							réserve à ses visiteurs pour une deuxième année un  							espace sous le thème « Lectures de dem@in ». Il faut  							croire que cet espace a connu un vif succès l’année  							dernière puisqu’il occupera cette année plus du  							double de la superficie de l’année dernière, soit  							1,200 mètres<sup>2</sup>. La programmation propose  							un parcours en quatre étapes : 1. E-book et  							plateformes mobiles; 2. Le savoir numérique :  							bibliothèques numériques, portails de revues, musées  							en ligne&#8230;; 3. Chaîne de numérisation :  							numérisation et Print on Demand; 4. Conférences. Au  							total, 28 conférences seront prononcées sur les  							différents thèmes liés aux lectures de demain.  							« Voici un exemple à suivre » selon la Fondation  							littéraire Fleur de Lys, pionnier québécois de  							l’édition en ligne avec impression à la demande.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;">Si nous  							voulons qu’une nouvelle économie du livre émerge  							enfin au Québec, il est urgent d’informer la  							population par tous les moyens disponibles dans les  							plus brefs délais. Pour plusieurs, dont la Société  							de développement des entreprises culturelles du  							Québec (SODEC), le marché québécois est trop petit  							et son débit trop faible pour espérer le  							développement de cette nouvelle économie du livre en  							nos frontières. Il s’agit là d’une excuse beaucoup  							trop facile de la part de nos décideurs pour ne pas  							s’investir pleinement dans l’avenir du livre chez  							nous. La nouvelle économie du livre ne saurait se  							développer sans d’abord informer adéquatement la  							population. Partout ailleurs où l’avenir du livre se  							conjugue au présent, l’information de la population  							a joué et joue encore un rôle de premier plan.  							L’intérêt des politiciens a attiré l’attention des  							médias et ces derniers ont informé la population à  							qui revient le dernier mot quant à l’avenir du  							livre. Les Québécois doivent avoir le choix et, pour  							se faire, il est nécessaire de les informer.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;">Or, lors  							de la dernière édition du Salon du livre de  							Montréal, une seule conférence sur l’avenir du livre  							était au programme et cette dernière n’était pas  							l’initiative de la direction mais d’un exposant, la  							Librairie Monet, et de son partenaire, le Consulat  							général de France à Montréal. Et selon ce que nous  							avons appris du porte-parole de la Librairie Monet,  							la direction du Salon du livre de Montréal n’était  							pas très chaude à l’idée qu’il consacre une partie  							de son kiosque au livre électronique. Notez que la  							direction n’a même pas inscrit cette conférence dans  							son programme officiel même s’il s’agissait d’une  							grande première pour ce salon, le deuxième en  							importance dans le monde francophone.</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;">La  							Fondation littéraire Fleur de Lys est d’avis que la  							direction du Salon du livre de Montréal n’en a que  							pour le monde traditionnel du livre et qu’elle ne  							dispose pas de l’espace nécessaire pour s’agrandir  							et s’ouvrir aux lectures de demain. Dans ce  							contexte, la Fondation littéraire Fleur de Lys  							souhaite qu’un autre salon du livre voie le jour à  							Montréal, un salon entièrement dédié aux lectures de  							demain. L’organisme songe même à une collaboration  							avec le Salon du livre de Paris. Les intéressés à  							s’investir dans le projet peuvent se manifester  							auprès de la Fondation littéraire Fleur de Lys à  							l’adresse suivante : </span> <a href="mailto:contact@manuscritdepot.com"> </a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><a href="mailto:contact@manuscritdepot.com"><span style="font-size:x-small;">contact@manuscritdepot.com</span></a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify">
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;">Informations complémentaires :</span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"><span style="font-size:x-small;"> </span></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;" align="justify"><span style="color:black;"> <a href="http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.232.htm"> <span style="font-size:x-small;"> http://manuscritdepot.com/internet-litteraire/actualite.232.htm</span></a></span></p>
<p class="MsoNormal" style="margin-top:0;margin-bottom:0;"><span style="font-size:11pt;color:black;"><br />
</span></p>
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		<title>L’Irlande demeure un modèle</title>
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		<pubDate>Sat, 21 Feb 2009 13:52:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>magazinenagg</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Rouleau]]></category>

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		<description><![CDATA[L’Irlande demeure un modèle Aux États-Unis, le plan de relance de 700 milliards n’a que quelques mois et déjà c’est la catastrophe. La première tranche de 254 milliards déboursée par le Trésor a servi à acheter des actifs qui ne valaient que 176 milliards. C’est une surcharge de 78 milliards ou 44 %. Cela ne [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=55&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3 class="post-title"><a href="http://magazinenagg.blogspot.com/2009/02/lirlande-demeure-un-modele.html" target="_blank">L’Irlande demeure un modèle</a></h3>
<div class="post-body">
<p>Aux États-Unis, <a href="http://www.forbes.com/feeds/reuters/2009/02/05/2009-02-05T162707Z_01_WEN3973_RTRIDST_0_TARP-SENATE-WARREN-URGENT.html" target="_blank">le plan de relance</a> de 700 milliards n’a que quelques mois et déjà c’est la catastrophe. La première tranche de 254 milliards déboursée par le Trésor a servi à acheter des actifs qui ne valaient que 176 milliards. C’est une surcharge de 78 milliards ou 44 %.</p>
<p>Cela ne devrait être une surprise pour personne. Les politiciens n’ont pas la réputation de s’enfarger dans les fleurs du tapis lorsqu’ils dépensent l’argent des contribuables.</p>
<p>Si le passé est garant de l’avenir, des fiascos similaires feront la une des médias canadiens et québécois dans un avenir rapproché. Pourquoi ferions-nous exceptions?</p>
<p>Alors que nos politiciens hypothèquent l’avenir des générations futures, le <a href="http://online.wsj.com/article/SB123369948441245105.html?mod=googlenews_wsj" target="_blank"><span style="color:#336699;">premier ministre irlandais</span></a> annonce des coupures de dépenses de près de 3 milliards $C. C’est l’équivalent de 30 milliards au Canada.</p>
<p>Dans quelques années, les chroniqueurs, qui favorisent aujourd’hui un retour des déficits, se questionneront sur les causes du succès de l’économie irlandaise. Ils découvriront avec surprise que l’Irlande, contrairement aux autres pays de l’OCDE, a profité de la crise pour assainir ses finances publiques.</p></div>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/qcpolitique.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/qcpolitique.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/qcpolitique.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/qcpolitique.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/qcpolitique.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/qcpolitique.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/qcpolitique.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/qcpolitique.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/qcpolitique.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/qcpolitique.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/qcpolitique.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/qcpolitique.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/qcpolitique.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/qcpolitique.wordpress.com/55/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=55&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Les beaux jours de l&#8217;interventionnisme sont de retour</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Feb 2009 15:56:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>magazinenagg</dc:creator>
				<category><![CDATA[Économie]]></category>
		<category><![CDATA[Serge Rouleau]]></category>
		<category><![CDATA[Interventionnisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Le retour en force de l’interventionnisme condamnera à la pauvreté des centaines de millions d’individus. Toujours et partout, l’interventionnisme redistribue les ressources en fonction des priorités électoralistes des politiciens. Les secteurs en croissance sont pénalisés au profit des secteurs en décroissance; les entreprises efficaces sont taxées pour maintenir en vie les entreprises inefficaces; la bureaucratie [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=50&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le retour en force de l’interventionnisme condamnera à la pauvreté des centaines de millions d’individus.</p>
<p>Toujours et partout, l’interventionnisme redistribue les ressources en fonction des priorités électoralistes des politiciens. Les secteurs en croissance sont pénalisés au profit des secteurs en décroissance; les entreprises efficaces sont taxées pour maintenir en vie les entreprises inefficaces; la bureaucratie s’engraisse sur le dos des entrepreneurs; etc.</p>
<p>À moins de vouloir passer le reste de nos jours en prison, nous n’avons d’autres choix que de payer ces plans de relance qui visent à nous appauvrir.</p>
<p>Il ne faut pas pour autant perdre sa bonne humeur. La « <a href="http://www.thebailoutgame.us/"><span style="color:#336699;">bailout game </span></a>» vous aidera à garder votre sourire. Dans ce jeu, Obama vous confie la lourde tâche de décider quelles banques ou institutions financières seront sauvées. Ne vous inquiétez pas, vous ferez certainement aussi bien que les conseillers d’Obama. Ils utilisent probablement le même jeu.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/qcpolitique.wordpress.com/50/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/qcpolitique.wordpress.com/50/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/qcpolitique.wordpress.com/50/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/qcpolitique.wordpress.com/50/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/qcpolitique.wordpress.com/50/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/qcpolitique.wordpress.com/50/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/qcpolitique.wordpress.com/50/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/qcpolitique.wordpress.com/50/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/qcpolitique.wordpress.com/50/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/qcpolitique.wordpress.com/50/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/qcpolitique.wordpress.com/50/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/qcpolitique.wordpress.com/50/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/qcpolitique.wordpress.com/50/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/qcpolitique.wordpress.com/50/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=50&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Bienvenue</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 01:30:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>qcpolitique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Annonces et commentaires sur les blogs]]></category>

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		<description><![CDATA[Je vous souhaite la bienvenue sur les Blogs de Québec-Politique.com, section qui a pour but entre autre de remplacer l&#8217;ancien webzine (voir lien à droite). L&#8217;esprit des règlements  généraux est le même que sur le forum (voir Charte de Québec-Politique), sauf qu&#8217;ici la responsabilité de la modération incombe aux auteurs des articles. Pour devenir auteur, [...]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=15&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Je vous souhaite la bienvenue sur les Blogs de Québec-Politique.com, section qui a pour but entre autre de remplacer l&#8217;ancien webzine (voir lien à droite).</p>
<p>L&#8217;esprit des règlements  généraux est le même que sur le forum <a href="http://www.quebec-politique.com/index/viewtopic.php?f=43&amp;t=8694" target="_blank">(voir Charte de Québec-Politique)</a>, sauf qu&#8217;ici la responsabilité de la modération incombe aux auteurs des articles.</p>
<p>Pour devenir auteur, écrivez-moi un message avec votre nom et votre adresse courriel : samuel.giguere@hec.ca</p>
<p>Vous devrez sélectionner l&#8217;option : &#8221; <strong>Just a username, please.</strong> &#8221; si vous voulez devenir auteur dans la communauté Québec-Politique sans nécessairement partir votre propre blog individuel.</p>
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<p>On invite les utilisateurs à s&#8217;inscrire sous leur vrais noms pour bloguer.  Un auteur qui se fait prendre à écrire sous un faux nom pourrait subir une procédure de bannissement des blogs.</p>
<p>Une nouvelle catégorie portant le nom de l&#8217;auteur est créée lors de l&#8217;admission de ce dernier.  Des nouvelles catégories peuvent aussi être créées sur demande.</p>
<p>Toutes suggestions d&#8217;amélioration sont les bienvenues.</p>
<p>Au plaisir,</p>
<p>Samuel G.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/qcpolitique.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/qcpolitique.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/qcpolitique.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/qcpolitique.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/qcpolitique.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/qcpolitique.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/qcpolitique.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/qcpolitique.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/qcpolitique.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/qcpolitique.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/qcpolitique.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/qcpolitique.wordpress.com/15/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/qcpolitique.wordpress.com/15/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/qcpolitique.wordpress.com/15/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=qcpolitique.wordpress.com&amp;blog=6050618&amp;post=15&amp;subd=qcpolitique&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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